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...Compte rendu du 6 février 2008 – Ph. François

Industrie des Instruments Médicaux

Thème

  • La France ne dispose pas d’une puissante industrie d’Instruments Médicaux ? Pourquoi ? Que faut-il faire pour qu’elle puisse se développer ?
    • Pourquoi est-il si difficile de diffuser un progrès médical en France ?
    • La dure vie de l’innovateur

Entrepreneur invité

  • Formation commerciale, première expérience financière/bancaire, seconde expérience d’entrepreneur "produits de grande distribution", formation complémentaire en sciences physiques
  • Directeur, actionnaire minoritaire d’une société de 20 à 50 personnes, de 6 à 8 ans, ayant mis au point et commercialisant un appareil d’exploration médicale d’un prix entre 40 et 80.000 €. Ventes annuelles 100 à 200 dans le monde entier.

Exposé

  • Au cours de sa reconversion, il a identifié, dans le laboratoire public où il travaillait, une technique d’analyse physique des tissus humains dont il a trouvé une application précise.
  • Le produit et la société ont reçu tous les prix et encouragements possibles
  • Parcours de reconnaissance et d’homologation :
    • Publications et présentations dans des congrès
    • Saisir la DGS et l’HAS
    • Intéresser les Sociétés Savantes
    • La CNAM veut des études médico-économiques
    • Faire coter l’acte réalisé avec cet appareil par un médecin
  • Chacun des organismes a été en gros dans son rôle. Les délais d’analyse sont longs mais souvent justifiés, mais comment faire quand on est 8 dans la société ?
  • Le vrai problème : comment "saisir" officiellement ces organismes. Difficulté de faire du "lobbying" informel
  • Les législations sont très complexes et très fluctuantes, y compris entre la France et l’Europe
  • Très difficile de faire comprendre le business model d’une start-up : des frais de recherche considérables, des frais marketing et de commercialisation énormes qui réclament des marges (prix / frais de fabrication) de 70% ou plus. Les prix ne peuvent baisser qu’une fois le produit connu et fabriqué en série.
  • Problème 2008/2010 : grossir ou vendre ? Très peu de financeurs en France, beaucoup à l’étranger.

Discussion générale

  • Il est très difficile de vendre un produit médical à l’étranger tant que l’appareil homologué et largement diffusé en France
    • Les médecins français sont assez réticents à utiliser des nouveaux appareils français. Ils sont habitués à travailler avec les leaders mondiaux.
    • Beaucoup d’organismes publics redoutent les problèmes que leur créent les innovations : est-ce valable, quel prix, quelles règles, redistribution des budgets …
  • La certification européenne CE n’est pas reconnue dans de nombreux pays d’extrême orient. Il faudrait un travail de coopération suivie entre les organismes internationaux. La FDA n’a pas encore approuvé le produit.
  • Son correspondant à l’ANVAR l’a soutenu de façon efficace et suivie.
  • Le regroupement OSEO/ANVAR/Innovation est sans doute une bonne chose.
  • Les investisseurs sont notamment des FCPI et des SDR
  • La loi Allègre sur l’innovation et la création d’entreprises par les universitaires n’était pas vraiment utile : ceux qui ont la vocation se lancent.
  • Supposons que vos aides reçues se montent à 1 M € et les investissements au triple, c’est beaucoup, cela est très utile, mais au moment où il faut un financement 10 fois plus élevé, on ne le trouve pas en France.
  • En bref, vous avez été aidé au démarrage, mais au moment où la France pourrait récolter les fruits de ses investissements, il n’y a plus de financement. Et sans compter votre investissement dans les ingénieurs et les chercheurs, et dans la connaissance de ce milieu médical au niveau mondial.
  • Les Hollandais, les Coréens et les Allemands ont mis en place des "centres techniques" où les jeunes entreprises peuvent trouver un ensemble de spécialistes auxquels ils peuvent faire appel. Un tel centre va exister à Paris doté de 8 M€. C’est un début.
  • En résumé, les mots qui résument ce qu’il faut faire : simplifier (guichet unique pour se faire reconnaître du système de santé), trouver des investisseurs, changer les mentalités notamment l’éducation des élites.