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...Cercle Santé Société – 9 et 23 janvier 2008- Ph. François

Fonds de pension et rachat des Cliniques

Les faits

  • Depuis 2003, de nombreuses cliniques sont rachetées
    • Par des investisseurs étrangers spécialistes de la santé (ex : Capio)
    • Mais de plus en plus par des fonds d’investissement généraux (ex : blackstone, Apax)
  • Ce sont maintenant des groupes entiers de cliniques qui sont rachetés

Pourquoi

  • Certaines cliniques pas aux normes nécessitent des investissements
  • Leur prix dépasse les capacités des jeunes médecins
  • Certaines ARH sont satisfaites de voir ces établissements modernisés
  • Pour les investisseurs, le marché de la santé est très contraint par la régulation, mais pérenne.

Commentaires

  • Le goulot d’étranglement c’est de trouver des managers de cliniques
  • Ces chaînes imposent aux médecins de se concentrer uniquement sur les soins, ce qui correspond à l’attente des jeunes générations
  • Les économies d’échelle sont faibles dans ce domaine
  • Le but des fonds d’investissement est d’améliorer la gestion des cliniques et de les revendre 5 à 10 ans plus tard

Problèmes

  • A qui ces fonds pourront-ils les revendre ? Ce sera beaucoup moins rentables pour les acheteurs suivants. Que se passera-t-il s’ils n’y a pas d’acheteurs ? Où si les propriétaires changent complètement la spécialisation des cliniques ?
  • Dans certaines régions, une même chaîne de cliniques est en situation de quasi monopole. Pourquoi l’ARH n’intervient-elle pas ?
  • Les médecins ont peur de perdre toute autonomie dans ces structures
  • Un capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel
  • Ces chaînes risquent de vider les hôpitaux des activités rentables

Discussion

  • Ces fonds ont-ils une stratégie de santé à long terme ?
  • Ces chaînes ont des stratégies européennes, les cliniques françaises sont peu chères
  • Ce modèle est le modèle « normal » des entreprises
  • Quand elles auront fini d’optimiser leur gestion, elles chercheront des domaines où appliquer leur capacité innovatrice
  • L’hôpital public assure l’enseignement, la recherche et la continuité des soins
  • Il faut imposer aux cliniques des missions clairement définies et des cahiers des charges. Les ARH en ont-elles le pouvoir ?
  • Ne pas confondre Cliniques (établissements à but lucratif) et les établissements à but non lucratif ( le plus souvent PSPH en France), très nombreux à l’étranger. A long terme les cliniques ont-elles un avenir en France ? et les PSPH ?.
  • La grille tarifaire est importante pour s’assurer qu’il n’y a pas de rentes et que les différents soins sont fournis sur tout le territoire.
  • Dans certaines régions, des cliniques indépendantes se groupent sans le recours à des fonds d’investissement ; les médecins restent alors co-propriétaires de leur outil de travail ; Quel est l ‘avenir de ce modèle ?
  • Faut-il limiter le droit pour un médecin des hôpitaux de partir dans une clinique avec sa clientèle ?
  • Cette évolution pose la bonne question (Larcher) "Le service public de santé, c’est quoi ?"

Rachat des Cliniques

Exposé

  • Les cliniques privées constituent un secteur d’entreprises très fragmenté, ne disposant pas des fonds nécessaires pour investir dans les nouvelles technologies et nouvelles normes.
  • C’est un cas typique où des fonds disposant de compétences réelles dans ces opérations peuvent restructurer, consolider, optimiser et investir
  • Notre choix a été de nous concentrer sur une région (région parisienne, une dizaine de cliniques en 3 ans), la proximité géographique facilitant ces opérations
  • Dans ces opérations, la plupart des fonds investissent environ 40% de leurs fonds propres et empruntent 60% aux banques. Les médecins ne sont en principe pas actionnaires.
  • D’après nous, la seule méthode est de créer des pôles d’excellence avec un projet médical bien défini
  • Pour attirer et retenir de très bons médecins, il est indispensable de leur fournir un environnement technique d’excellence, un accueil des malades agréable et un environnement de "support" impeccable : les infirmières, les blocs opératoires, les administratifs sont disponibles quand il le faut.
  • Au niveau du groupe de cliniques nous avons un Directeur médical de groupe qui encourage la diffusion des bonnes pratiques.
  • "Faire ou faire faire ?" En général, nous sous-traitons le maximum de fonctions annexes : restauration …
  • La condition de réussite N° 1 : Recruter un excellent directeur de la clinique. Un rôle multi-talents très difficile entre les médecins, les personnels, la gestion, les ARH.

Discussion générale

  • Comment se passe la sortie des fonds après 4 à 6 ans quand la gestion a été optimisée ?
    • Soit introduction en bourse
    • Soit vente à un groupe d’investisseurs disposant ou non d’un réseau de cliniques
    • Soit vente à un groupe de gestionnaires de cliniques spécialistes de la santé
  • Mais les nouveaux acheteurs ne bénéficieront pas du même effet de levier que vous ?
    • Non, ce sera un métier différent
  • Envisagez-vous d’investir dans d’autres régions ?
    • Oui, mais seulement si nous trouvons plusieurs établissements dans cette région.
  • Comment faites vous pour que les médecins restent à l’affût des progrès techniques ?
    • Nous recrutons des médecins jeunes et brillants, très au courant des derniers progrès. Les plus anciens s’intéressent à ce qu’ils apportent de l’extérieur. Dans toutes les équipes, il y a toujours un ou deux leaders qui s’intéressent et se forment aux nouvelles techniques.
  • Comptez-vous vous intéresser aux Cabinets médicaux de groupe ?
    • Non
  • Comptez-vous vous intéresser aux cliniques psychiatriques ?
    • C’est un sujet très difficile. Des groupes sérieux ont abandonné. Pas pour le moment.
  • Comptez-vous vous intéresser à des « à cotés » cosmétiques ou autres ?
    • Non, pas à côté des cliniques chirurgicales. L’image de marque est trop éloignée.
  • Comptez-vous vous intéresser aux Urgences ?
    • Oui nous travaillons sur ce sujet. Les urgences semblent un service naturel pour un groupe de cliniques principalement chirurgicales
  • Comment expliquer que dans les cliniques où j’ai travaillé, les Urgences semblent maîtrisables alors qu’elles mettent le désordre dans l’hôpital ?
    • Les Urgences exigent une excellente organisation
    • Les populations qui se présentent aux urgences en clinique et à l’hôpital sont très différentes
  • Dans certains hôpitaux, c’est l’absence de "support", un environnement chaotique qui exaspère les médecins et les fait fuir.
    • Grâce en partie à la logistique des cluniques, le différentiel d’actes par chirurgien entre public (300-350) et privé (600-700) est tel que le coût du privé devient proche du public.
  • Quel avenir pour les cliniques isolées ?
    • Très difficile, sauf pour des cliniques très spécialisées
  • Pourquoi la proximité de vos cliniques est-elle importante ?
    • Optimisation de la gestion (achats …)
    • Partage des équipements lourds
    • Pool de médecins
    • Spécialisation des établissements
  • Pouvez-vous coopérer avec le public / signer des contrats publics ?
    • Oui tout à fait. J’ai vu hier un cas de coopération remarquable.
    • Cela dépend beaucoup des relations entre les équipes, ARH, Cliniques, Hôpitaux. Elles sont très variables suivant les endroits.
    • Il faut rester ouvert dans nos positions. Vis-à-vis des ARH, il fait être un partenaire : faire des activités rentables (dialyse, chimio …) et des moins rentables.
    • Nous avons repris une clinique d’origine religieuse en fournissant les garanties particulières qui étaient demandées