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Cahier Mondialisation et Santé

INTRODUCTION

 Pour la démocratie sanitaire

Bernard Kouchner

  • « La cruelle flambée de chikungunya qui frappe la Réunion et la menace d’une grippe aviaire qui peut s’avérer fatale mobilisent l’opinion publique française. La critique est facile mais l’art est difficile : mon propos n’est pas d’accuser le gouvernement actuel d’incurie dans la gestion des deux crises en cours, ce serait trop aisé et peu courtois de ma part. Pourtant, comme nous entrons dans l’ère de la santé publique globale, ici, chez nous, et là-bas, chez les autres, il me paraît essentiel d’essayer d’en tirer quelques enseignements. Médecins sans frontières hier et Malades du monde aujourd’hui et demain : la France a inventé l’ingérence sanitaire. En sommes-nous dignes ? »

I. CONVERGENCE DES INTÉRÊTS SANITAIRES ET INDUSTRIALISATION DES SOINS

 Industrialisation des soins médicaux et convergences des intérêts sanitaires dans le monde

Guy Vallancien

  • « Est-il pertinent de comparer l’activité médicale à d’autres activités humaines telles que l’industrie aéronautique, celle de transformation ou la grande distribution ? Même si les malades sont tous différents tout comme leurs réactions aux agressions physiques et psychiques, externes ou internes, peut-on les appariés dans des groupes de pathologies standardisées ? En bref, la médecine est-elle en train de quitter le champ de l’action artisanale d’une assistance personnalisée à l’autre pour rentrer dans celui d’une production industrielle normalisée des soins ? »

 Mondialisation et chirurgie

Jacques Meurette

  • « Les activités chirurgicales sont-elles affectées par la mondialisation ? Les chirurgiens exerceront-ils demain comme aujourd’hui ? Pour voir où nous allons voyons d’où nous venons... »

II. CONVERGENCE DES MODES DE FINANCEMENT

 Convergence des modes de financement

Claude Le Pen

  • « La mondialisation est partout dans le débat public, mais on peine à en trouver une conceptualisation rigoureuse, voire même une définition précise. La « mondialisation contemporaine », pour la distinguer de ses épisodes précédents, n’est en effet pas facile à définir de manière synthétique compte tenu de ses multiples dimensions [...] »

 Vers une économie de la santé ou une santé à l’économie ?

Didier Bazzocchi

  • « Les architectures actuelles de financement public sont-elles des freins à la compétitivité des acteurs de la santé sur des marchés qui deviennent mondiaux ? On est tenté de répondre« oui ». Par les corporatismes ou les conservatismes, elles contribuent à entretenir la pesanteur des régulations qui freinent ou découragent l’innovation, et les pertes d’opportunités économiques qu’elles peuvent engendrer. Mais, en matière de santé, la compétitivité des acteurs est-elle une fin en elle-même ou doit-elle être située dans un projet de société ? »

III. RECHERCHE ET SANTÉ

 Entreprises et recherche

Jean-Luc Bélingard

  • « Alors que, structurellement, les dépenses de santé sont appelées à croître de façon inexorable, leur évolution peut être un facteur de développement sanitaire, social et économique pour les États qui sauront attirer sur leur territoire les investissements de recherche, de développement et de production de médicaments à très haute valeur ajoutée. Dans ce contexte, la France, qui dispose pourtant de nombreux atouts et a, historiquement, dominé le monde de la recherche médico-scientifique, se voit distancer et pourrait se trouver marginalisée si elle ne se mobilisait pas autour des sciences de la vie. »

 La compétitivité du secteur de la santé en France

Jean-Claude Prager

  • « Le rôle de l’innovation, son impact positif sur l’économie de la santé et l’importance de la vitalité du secteur des industries de santé pour la compétitivité des nations sont maintenant bien reconnus dans tous les pays. Dans la mesure où le secteur des industries de santé est aussi bien conditionné par le dynamisme des débouchés que par une puissante recherche médicale, une priorité a été donnée aux sciences de la vie et au développement des biotechnologies, chez nos principaux partenaires, avec le plus souvent de considérables moyens financiers. Dans notre pays, on reste encore en retrait, du fait des contraintes budgétaires et de la difficulté à faire des choix technologiques et géographiques, et par la faute d’une régulation du système de santé qui a eu tendance à privilégier le contrôle à court terme de la dépense de santé, au détriment de la compétitivité des industries de santé. »

IV. RÉGULATION DES PRIX ET DE L’INNOVATION

 Du bon usage des épidémies : mondialiser le progrès sanitaire

Marc Guillaume

  • « Quand on aborde la question de l’innovation en matière de médicaments et de biotechnologies et de sa diffusion à l’échelle mondiale, l’attention est d’abord retenue par deux difficultés majeures. »

V. LE CAPITALISME EST-IL ADAPTÉ AU DÉVELOPPEMENT DES SYSTÈMES DE SANTÉ ?

 Santé : fausses pistes et techniques bien connues en assurance

Patrick Artus

  • « Le rationnement de la dépense de santé ou le report vers les régimes complémentaires nous paraissent être soit des pistes inefficaces et réductrices, soit de purs habillages sans portée économique réelle. Mais une fois abandonnées ces deux pistes, il deviendra nécessaire de définir d’abord la frontière entre la dépense de santé mutualisée et la dépense non mutualisée et d’introduire ensuite dans la gestion de la dépense mutualisée des techniques connues en assurance. »

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